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DIMANCHE DE LA SAINTE TRINITE

14.15 JUIN 2014


« Moïse se leva de bon matin » nous rapporte le livre de l’Exode.

Vous allez penser que votre curé fait une fixation, mais une fois

encore nous découvrons qu’il y a des temps et même des heures qui

semblent plus favorables que d’autres pour entendre la voix du

Seigneur ! Tôt le matin, tard le soir. Peut-être que la paroisse pourrait

envisager dans les mois à venir de se lever aussi au milieu de la nuit

pour porter sa mission d’évangélisation dans une supplication

nocturne au Dieu trois fois saint, que nous célébrons aujourd’hui, dans

le mystère de la Sainte Trinité.

Lorsque les catholiques parlent de mystère, aussitôt les médias et les

ignorants des choses sacrées pensent qu’on va leur cacher quelque

chose. Ils parcourent alors la terre à la recherche d’un graal, d’un

trésor ou encore de la lettre de Dieu qui écrirait qu’il n’existe pas.

Mais en vérité, quand nous parlons du mystère de la Trinité, c’est bien

parce qu’il a été révélé. Il a été montré aux hommes. Il n’est plus, le

temps de l’attente de la révélation nouvelle. Il n’est plus, le temps de

l’attente du messie. Il n’est plus, le temps de l’attente de l’Esprit Saint.

Dieu le Père, créateur du ciel et de la terre, a tout remis entre les mains

de son Fils Jésus, qui nous a tout donné pour que nous parcourions la

terre et que nous accomplissions des choses plus grandes encore que

lui n’a faites. Quand nous parlons de mystère, c’est simplement pour

nous rappeler que personne ne peut le circonscrire, personne ne peut

dire qu’il en voit toutes les facettes et en connaît toute la puissance.

Quand nous parlons de mystère, c’est pour rappeler que l’oeuvre de

Dieu est en complet décalage avec l’oeuvre de l’homme.

Là où l’homme veut être fort, Dieu se fait faible.

Là où l’homme fait la guerre, Jésus pardonne.

Là où l’homme construit des murs, le Christ abat le mur de la haine.

Là où l’homme pense qu’il ne vaut rien, Dieu lui offre la dignité de

fils de Dieu.

Là où l’homme se sait condamné par son péché, l’Esprit Saint souffle

sur lui pour lui enseigner que Dieu est venu pour nous sauver.

Voilà le grand mystère de Dieu ! Voilà le grand mystère de la Trinité.

En traçant le signe de croix sur notre corps le matin quand nous nous

réveillons, nous permettons au Dieu unique et trois fois saint d’établir

son règne en nous :

Nous pouvons devenir cocréateurs d’un monde d’harmonie et de paix.

Nous pouvons participer à la rédemption du monde en donnant notre

pardon et en favorisant l’unité du genre humain.

Nous pouvons donner un souffle nouveau à un peuple tout entier sous

masque à oxygène pour lui donner de nouvelles raisons de vivre.

Voilà ce que réalise en nous le signe de croix chaque matin !

Il y a quelques jours, nous avons entendu le résultat d’un sondage sur

le temps que mettent les européens des grandes capitales pour se lever

le matin. Plus d’une heure pour les parisiens ! J’imagine qu’on n’a pas

interviewé les dieppois, 1/ parce que les journalistes ne savent pas

encore que Dieppe est une capitale, mais surtout 2/ parce que les

réponses des dieppois auraient fait exploser tous les schémas en

annonçant que leur journée commençait avec le signe de croix et

quelques minutes pour lire un passage de la Bible plutôt que de

s’abrutir des nouvelles forcément horribles de la nuit. Alors comme

Moïse dans la nuée, c’est-à-dire dans cette présence réconfortante de

Dieu, dans une attitude de prière, nous pouvons faire l’expérience

bienheureuse de la tendresse de Dieu, de la paix qu’il veut nous

donner par son Fils, de la fidélité qu’il nous transmet grâce à son

Esprit d’Amour.

C’est le coeur de la supplication de Paul aux Corinthiens : « tous les

fidèles vous disent leur amitié ». Saint Paul a bien conscience que la

construction d’une communauté autour de la croix du Christ n’est pas

une chose aisée. Alors il rappelle que le Dieu d’amour et de paix se

donne à ceux qui sont amis. Il invoque la grâce de la communion entre

tous les baptisés. C’est cette grâce de la communion que j’invoque

pour vous ce soir. C’est cette grâce de l’unité que j’invoque pour

Dieppe chaque jour depuis que l’évêque m’a demandé de prendre en

plus la responsabilité de la paroisse de Saint-Pierre de Dieppe à la

rentrée prochaine.

Je n’ai pas accepté cette mission parce qu’il y a une pénurie de prêtres.

J’ai accepté cette mission parce que s’il y a deux ponts à Dieppe – et

Dieu sait que nous les aimons et que nous en avons besoin – il y a

aussi deux calvaires : l’un au bout du quai pour être presque à la

hauteur des marins qui entrent et qui sortent du port ; et l’autre à

Bonsecours pour de très loin annoncer à tous que cette ville est une

ville d’amitié fondée sur la relation avec Dieu et en Dieu, par le Christ

notre frère, notre sauveur et notre ami et dans l’Esprit celui qui fait de

nous des fils et des frères. Voilà la seule fondation possible d’une

paroisse. Nous allons tous devoir faire des efforts considérables pour

accueillir de nouveaux frères, découvrir de nouvelles amitiés au coeur

de nouveaux rythmes de vie paroissiale.

J’ai accepté cette mission parce que j’ai bien vu et entendu au long de

cette année pastorale que vous êtes des hommes et des femmes de

courage, de relation, de prière, d’amitié. J’ai vu que vous acceptez

aussi d’être bousculés comme une tempête en pleine mer rappelle à

l’homme que sa puissance n’est que poussière. Cela veut dire que

d’importants défis vont se présenter à nous. Ce sera les défis de la

haute mer. Mais la croix du Christ demeure toujours notre repère.

Ce matin / hier matin, comme Moïse, j’ai gravi non pas la montagne

du Sinaï, mais la falaise pour aller à Bonsecours et me confier, vous

confier, nous confier à la Vierge Marie qui a cru au-delà de tout que la

Parole de Dieu disait la vérité pour sa vie, la nôtre et celle de ceux qui

allaient l’entendre. Au cours de cette ascension, j’ai fait des rencontres

exceptionnelles, pleines de joie et prometteuses d’amitiés

inenvisageables jusqu’alors. J’ai vu un peuple qui appartient au

Seigneur. J’ai alors prié : « A toi, louange et gloire éternellement ».

Amen.


Geoffroy de la Tousche

Curé de Dieppe

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