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VENDREDI 25 JUILLET 2014

SOLENNITE DE SAINT JACQUES


Depuis Adam et Eve, l’humanité tout entière vit dans la désolation de ne plus

être avec Dieu dans l’éternité.

Depuis Caïn et Abel, l’humanité se détruit à coup de jalousie provoquant la

mort du frère.

Depuis la tour de Babel, l’humanité se construit non pour servir pour mais

montrer la hauteur de son pouvoir.

Depuis Noé et le déluge, l’humanité est violente et ne cherche pas à se

réconcilier.

Depuis la nuit des temps, un péché mine l’humanité : l’orgueil.

Alors nous n’avons aucune raison de nous étonner, si ce n’est par une subtile

hypocrisie pseudo-effarouchée, que la mère des fils du tonnerre, Jacques et

Jean, cherche à placer ses enfants au coeur du système qui régit l’humanité.

La grâce de l’Evangile, la grâce de l’Eglise, est précisément de ne pas cacher

les limites de ceux qui entourent Jésus et qui pourtant ont été choisis par lui et

qui l’ont suivi pendant près de trois années.

La grâce de l’Eglise est de présenter les apôtres comme des vases d’argile, de

présenter les chrétiens comme des pécheurs, de présenter les baptisés comme

des êtres fragiles qui portent en eux le trésor de la présence de Dieu.

En fêtant saint Jacques aujourd’hui au coeur de cette église bien-aimée, nous

venons demander à l’apôtre la grâce de la vie du Christ en nous, parce que

nous savons que c’est la fidélité du Christ à son Père qui donne sens à notre

vie. Ce n’est pas nous qui honorons le Christ par notre vie, c’est le Christ qui

nous rend l’honneur et la dignité des fils de Dieu en mourant pour nous au

calvaire et en demandant à Dieu de nous pardonner nos péchés.

En fêtant saint Jacques aujourd’hui, nous lui demandons la grâce de la

conversion, c’est-à-dire la grâce de l’humilité qui nous permettra de retrouver

comme les petits-enfants la joie de plonger dans les bras de Dieu notre Père qui

nous aime indéfectiblement malgré notre orgueil.

Au milieu des religions qui présentaient la création de l’homme comme le

résultat minable d’un combat des dieux, le peuple juif a compris l’oeuvre du

Dieu unique comme l’oeuvre de la liberté qui laisse à l’homme le choix de Dieu

ou son refus. Tel est le mystère de notre foi qui est alors sans cesse confronté à

la question terrible et épouvantable de la souffrance et de la mort des

innocents.

Au coeur d’un monde désorienté par la violence et la haine des hommes entre

eux, par les cataclysmes naturels et les erreurs humaines, le Christ sert

l’homme pécheur. Saint Jacques, depuis Compostelle, accueille sans cesse des

hommes qui parcourent le chemin de leur vie à la recherche d’un sens, en quête

de la lumière. En passant par Tours, le Puy, Conques, Burgos ; en traversant le

Massif Central et les Pyrénées, sous une pluie drue ou un soleil écrasant,

l’homme médite depuis des siècles sur sa petite condition de poussière et

cherche le Nom de celui qui pourra le faire passer des ténèbres à la lumière.

A Dieppe, il nous est donné la grâce de ce vaisseau de Saint-Jacques. Il a passé

les siècles, il a été sillonné par des millions d’hommes et femmes, il a reçu

toutes les pluies et toutes les marques du soleil, il a survécu aux guerres et aux

épidémies, il a entendu toutes les horreurs des péchés de l’homme et tous les

projets qui fondent nos histoires, il a servi le Christ en lui permettant de se

rendre présent à tous.

Son histoire est la nôtre et nous en sommes fiers, parce que nous sommes aussi

vases d’argile. Notre rassemblement ce soir au coeur de l’été veut redonner

espoir à l’homme en lui rappelant le Seigneur Jésus. C’est lui qui appelle, c’est

lui qui envoie en mission. Il est venu à nouveau le temps pour les dieppois de

répondre à l’appel de Dieu, d’être envoyé en mission. Non pas comme des Fils

du Tonnerre, mais comme les fils de la tendresse de Dieu et de sa miséricorde.

Il est venu à nouveau le temps pour les dieppois de partir en mission en

accompagnant les hommes sur le chemin de Dieu, sans complexe et sans peur.

Il est venu à nouveau le temps pour les dieppois de reprendre le chemin de la

foi au Christ mort et ressuscité, sous la pluie drue et parfois un peu de soleil.

N’ayons pas peur de cette nouvelle étape ! Elle créera en nous une joie

profonde, la joie des coeurs qui se tournent vers Dieu.

Aujourd’hui nous avons promené saint Jacques dans l’église. J’aimerais que le

25 juillet 2015 nous puissions sortir avec lui hors de l’église et de faire le tour

de la ville. J’aimerais que la paroisse puisse créer une Confrérie de Saint-

Jacques pour prier régulièrement autour de lui et lui demander son

discernement d’apôtre pour notre temps. J’aimerais que cette confrérie soit le

coeur de la charité des chrétiens à Dieppe. J’aimerais que cette confrérie soit le

lieu d’une réflexion dynamique des chrétiens pour la ville de Dieppe.

J’aimerais, pardonnez la provocation volontaire, que nous ne soyons pas

seulement les amis du vieux Dieppe mais les amis de Dieppe aujourd’hui ; que

nous ne soyons pas les membres du comité de sauvegarde mais les frères et

soeurs d’églises vivantes ; les participants à une fiction du passé mais les

acteurs de l’actualité du Christ en nos vies au milieu de la ville.

Saint Jacques, fais de nous les apôtres de Jésus !

Saint Jacques, apprends-nous à écouter Jésus !

Saint Jacques, prie pour nous.

Amen !


Geoffroy de la Tousche

Curé de Dieppe

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